LE DYPTIQUE INTEGRAL “UMI” et “SORA”
Ce dyptique traite d’un thème particulier, celui du passage d’un âge à un autre, de la transformation, de la mort suivie de la renaissance… il s’agit de l’aventure initiatique et très précisément ici de « l’ Initiation Masculine » et de « l’Initiation Féminine ».
Ce grand thème de l’initiation a nourri une recherche artistique collective sur l’universalité la plus absolue afin de pouvoir toucher les cœurs d’un maximum d’humains. Toucher ces gens sincèrement, et non pas juste démontrer des talents ou exprimer nos états d’âmes individuels, nous a paru la chose la plus importante à faire aujourd’hui pour tenter d’apporter de l’espoir liée à une réflexion responsable dans une époque difficile. La nécessité d’une conscience initiatique et traditionnelle nous a semblé être un repère solide à proposer aux sociétés en transformation. En tant qu’artistes se mettant au service de l’art au lieu de se servir de l’art, ce thème nous a paru idéal pour rechercher et transmettre l’essentiel.
Ce spectacle est construit sur une forme théâtrale, avec deux histoires, celle d’un homme parti à la quête d’une épée, et d’une femme à la reconquête de tous ses sens perdus. Il n’y a pas de texte, il n’y a pas de paroles, et tout est exprimé à travers des moyens naturels dans un mélange de formes artistiques : musique, danse, sculpture…
Le but de cette création est de vous inviter au voyage, tout simplement et sans prétention aucune, et inviter avec vous tous ceux qui croient en vous et vos choix.
INTENTION DE MISE EN SCENE ET NOTE D’AUTEUR
de No Yon
« SORA, une arche, un destin », parle de la femme, de ce qu’est véritablement une femme dans toute sa splendeur acceptée par elle-même. Etant moi-même une femme, il m’a d’abord fallu travailler sur ma propre identité sexuelle avant de pouvoir me pencher sur l’essence masculine.
« UMI, une quête, une épée », parle de l’homme au masculin, de ce que représente le fait d’être un homme dans l’absolu et à notre époque.
L’aboutissement de mes réflexions m’a offert cette pensée : « la quête est d’essence masculine », « la création est d’essence féminine ». Quand l’initiation féminine confronte la femme à sa capacité de recevoir l’Inconnu, l’initiation masculine exige de l’homme de percer le Mystère.
J’ai souhaité qu’un spectacle relatant d’un tel sujet concernant l’humanité soit universel dans tous les sens du terme.
- Un langage universel
La première recherche d’universalité a concerné le langage. J’ai souhaité rechercher un langage universel sans paroles qui pouvait être compris par tous, par n’importe quel individu quel que soit sa culture. Pour cela, j’ai évité de faire appel à un code stylisé tel la pantomime ou une chorégraphie d’un genre précis. Mon choix a donc été de créer un spectacle sans parole, sans texte, avec une narration effectuée essentiellement par une manière de présenter les situations et l’expression corporelle des comédiens. Mon objectif ici est de rencontrer l’essence absolue de la communication humaine, celle qui se passe de mot ou de codes : une profonde recherche de création sera toujours en cours à ce sujet. Si certains mots très universels tels que « maman » ou « papa » sont utilisés, ceux-ci le sont dans leur fonction première du Verbe-Son créateur.
- Un concept temporel
Pour les deux pièces du dyptique, ma recherche a été de représenter une « quête », en la dotant d’un sens non linéaire afin de la libérer de la pensée humaine et du carcan temporel. La quête ici semble démarrer d’un point A pour aboutir à un point B qui est le but. Mais bien que ce temps linéaire (concept occidental) soit présent pour permettre une narration théâtrale efficace, j’ai cherché à introduire le temps circulaire (concept oriental), pour que la notion de « création » existe en même temps que la quête. Le mariage des deux temporalités font exister la philosophie suivante : « je peux être heureux sans attendre de l’être, mon bonheur ne dépend pas du temps passé à le chercher, il se crée au présent ici et maintenant ».
- Expressions artistiques
Ma dernière recherche d’universalité a été de faire appel à plusieurs formes artistiques, afin d’avoir un maximum de moyens pour nourrir efficacement la narration.
Bien que chaque expression artistique apporte une richesse de divertissement, cette fonction n’a pas été leur seule raison d’être dans ce spectacle. J’ai veillé à ce que chaque forme d’art puisse remplir toutes ses fonctions traditionnelles : dans ce spectacle, diverses expressions théâtrales, les chants lyrique et populaire, les danses, les arts martiaux, les arts graphiques, plastiques et audiovisuelles sont à la fois porteur de divertissement, de conscience sociétale, de vocation pédagogique, de réflexion philosophique, d’effets thérapeutiques, et d’invitation spirituelle.
Mon souhait est de redonner un sens profond à une création artistique, en dépassant les besoins d’égo du créateur et des interprètes concernés par la création.
- Evolutions
Ce dyptique est construit d’une façon évolutive tant au niveau des moyens matériels (décors et costumes), qu’au niveau des distributions possibles. Je recherche toujours une version épurée à la base, qui ne dépend pas des moyens économiques, et qui peut être jouée autour d’un feu comme un conte, dans un monde reculé sans électricité ou autre confort moderne. Cette base me permet de tendre vers l’essence de l’art, de ce qui fonctionne artistiquement sans trucage et cache-misère.
Avec des moyens et pour un lieu adapté, j’ai imaginé une grande structure de scène circulaire afin que le public puisse entourer la scène. L’emploi possible de plusieurs interprètes sur scène permettra d’ajouter à cette pièce la magie d’une grande production de divertissement.
A terme, le mariage judicieux de la haute technologie audiovisuelle et de la scène vivante serait le summum d’un idéal d’universalité à atteindre. Un décor permettant une projection video en 3D, voire des effets 3D, l’utilisation d’un fog screen, des comédiens volants, courant en horizontal ou courant réellement sur place, sont des moyens de performance souhaitées.